dimanche 4 novembre 2012

Parler des derniers couacs ou débattre !


De quoi parle-t-on ces derniers jours ? Des couacs des uns et des commentaires des autres sur les mêmes couacs !

Parle-t-on encore aujourd'hui de politique en France ? On pourrait en douter ! Où sont les débats d'antan ? Où sont les beaux et grands affrontements d'idées entre de grands courants idéologiques qui permettaient aux auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs de finalement se forger une opinion ?

Rien de tel aujourd'hui ? Les commentateurs politiques sont plus enclins à nous décrire les dédales du pouvoir, les petits stratagèmes des uns ou des autres pour prendre les rênes d'un parti, les histoires de concubinage des divers personnages qui peuplent le théâtre politique... et je n'évoque pas les commentaires qui commentent les propos des commentateurs... Avez-vous remarqué que le commentaire est maintenant devenu si important, que l'on oublie parfois de rappeler aux auditeurs l'évènement qui a été à l'origine d'un commentaire ?

Cela nous éloigne à l'évidence des débats politiques de qualité. Parler des hommes et des couacs, cela permet de ne pas parler des choses plus importantes. On pourrait même se demander si les couacs, qui ne semblent a priori pas prémédités, ne sont pas en fait des stratagèmes pour éviter des débats qui pourraient être plus saignants ! Voilà que je me mets moi aussi à commenter !

Lorsque l'on s'intéresse plus aux hommes ou aux femmes qui font de la politique qu'à leurs idées, ce sont les idées qui en pâtissent. Ce mal se répand ! Il a été toujours plus facile d'accuser un opposant des pires maux que de débattre avec lui ! Si l'on veut se débarrasser de son chien, ne suffit-il pas de dire qu'il est enragé ? À force d'affubler une personne des pires attributs, ils deviendront un des éléments de sa personne. Un mensonge souvent répété devient une vérité. Dans cette histoire, il me semble que l'arroseur soit à son tour arrosé. Les socialistes ont un temps accusé Nicolas Sarkozy d'être l'ami des riches (et donc d'être injuste envers les autres) et d'être un président bling-bling ! Les membres de l'U.M.P en profitent à leur tour pour faire le procès en incompétence du premier ministre socialiste.


Que les arguments utilisés soient de mauvaise qualité, soit ! Cela passe encore. Mais aujourd'hui, c’est l’absence d'un vrai débat qui est encore le plus préjudiciable à la démocratie. Pauvreté de l’argumentation et absence de débat sont probablement à mettre en relation. En effet peut-on prendre le risque de débattre, c’est-à-dire de s’opposer, si l’on ne dispose pas d’une capacité à argumenter ou à réfuter ?

                  

lundi 22 octobre 2012

Convoquer les forces de l'histoire !

La scène : vendredi 12 octobre 2012, le 7 — 9 de France Inter. Patrick Cohen, l'animateur du 7-9, introduit le sujet. Il s'agit de débattre de deux propositions de François Fillon pour relancer l'économie en période de crise. La première consiste à supprimer la durée légale du travail. Patrick Cohen demande alors à ses invités de commenter cette proposition. Le premier, l'économiste Bernard Maris, qui n'est pas d'accord avec cette proposition, fait la réponse suivante :


« C'est une remarque [proposition] idéologique. Vieille remarque de la droite ! C'est la remarque que l'on entend depuis Guizot, Thiers, Dunoyer, tout ça ...c'était : pas assez de travail, il ne faut pas protéger les travailleurs. Depuis le Front populaire, on n’arrête pas de dire que le temps légal du travail, ça casse le marché du travail, ça ne fluidifie pas le marché du travail... La durée légale du travail c'est une protection historique du travail. Revenir là-dessus c'est un moins-disant social. Cela veut dire que le travail est la variable d'ajustement de la mondialisation.... »

Il m’apparaît difficile de se forger une idée sur la qualité de cette proposition sur la base d'une telle argumentation. Bernard Maris n'argumente pas vraiment contre la proposition. On apprend qu'elle est ancienne et de droite, il qu'il n'est pas d'accord avec cette proposition. Mais, l'on ne sait pas pourquoi il n'est pas d'accord. Franchement, on reste sur sa faim. On a l'impression que convoquer les forces de l'histoire cela permet d'enfumer les auditeurs !  

Version révisée le 22/10/2012