vendredi 14 septembre 2012

S'inspirer des pratiques des meilleurs ...

Il est aujourd'hui très fréquent de s'inspirer des pratiques des meilleurs de la classe pour définir une politique publique ou une stratégie privée. C'est ainsi qu'on n'hésite plus à faire référence dans le monde politique au système éducatif de tel ou tel pays bien placé dans le classement de l'OCDE  pour défendre une proposition de réforme éducative ou pour s'opposer à une autre. A priori, prendre exemple sur les meilleurs est une pratique que l'on ne questionne plus (et que l'on probablement que très rarement questionnée). 

Les critiques de cette démarche confinent souvent à suggérer que les pays avec lesquels on se compare ne sont pas comme la France. Ainsi, prendre exemple sur la Finlande, la Suède ou le Danemark n'est pas judicieux .... parce qu'il s'agit de petits pays. On ne peut comparer la France avec plus de 60 millions d'habitants avec la Finlande qui n'en compte que 5 millions environ...avec la Suède et ses 10 millions ou bien encore avec le Danemark (5 millions d'habitants). Mais doit-on pour autant comparer la France avec la Thaïlande, le pays du monde le plus proche en nombre d'habitants de celui de la France ? Nous reviendrons dans un prochain billet sur l'usage des arguments fondés, implicitement ou explicitement, sur la comparaison dont découle la démarche qui consiste à emprunter leurs pratiques aux meilleurs. 

Aujourd'hui c'est l'analyse critique de ce problème que propose Jerôme Barthelemy, Professeur à l'ESSEC, sur son blog Mieux connaitre la recherche en management que je vous suggère de consulter. Jérôme Barthélemy, explique pourquoi, dans le domaine du management,  cette démarche est souvent vaine, parfois risquée et il nous incite à faire preuve de vigilance lorsque l'on cherche à s'inspirer des pratiques des meilleurs. Lien vers le billet.  

vendredi 31 août 2012

Le projet : ne pas se laisser convaincre par des arguments trompeurs !

Quel est le projet de ce blog ?

Tous les jours, souvent implicitement, on nous demande d'avoir une opinion sur une multitude de choses, dans le cadre de nos vies familiale, associative, professionnelle ou citoyenne. Après nous avoir asséné quelques arguments sur une proposition qui est importante pour notre interlocuteur, on nous demande notre assentiment. Impossible d'y échapper ! Doit-on interdire la cigarette sur les plages ? Le gouvernement devrait-il renoncer à la loi Hadopi ? Faut-il baisser le prix des carburants ? Faut-il investir en Asie ?

Nous convaincre de la qualité de leur proposition, voilà donc le projet de tous ceux qui sollicitent notre assentiment. Sommes-nous suffisamment armés pour former un jugement en connaissance de cause, pour nous donner une saine opinion de chacune des propositions que l'on soumet à notre appréciation ? En toute humilité, la réponse à cette question est probablement non ! Le non sera d'autant franc que ceux qui espèrent avoir notre assentiment en font leur profession. Par exemple, les femmes et les hommes politiques sont rodés dans l'art de convaincre les citoyens. Mais nous, les citoyens de base, nous ne disposons pas habituellement des moyens qui devraient nous permettre de porter un jugement éclairé sur les arguments qui accompagnent les propositions électorales. Le combat est inégal ! D'un côté du ring, on découvre des professionnels aguerris. Tous les jours, ils débattent avec leurs opposants. Et de l'autre côté du ring, on trouve de sympathiques amateurs.

Par ailleurs, un argument, même s'il est trompeur, possède le plus souvent le pouvoir de nous convaincre par ce qu'il fait intuitivement sens ! Outre cela, celui ou celle qui le présente a toujours un avantage sur celui qui l'entend : l'avantage de la préparation. Comment alors ne pas se faire piéger par des arguments qui peuvent nous apparaître très convaincants mais qui sont, en y regardant de plus près, parfois erronés ? Nous pensons qu'il n'y a rien de tel pour s'assurer de la validité d'un argument de procéder à son analyse systématique, à sa déconstruction !

Qu'est-ce qu'un argument et quelle est sa relation avec une proposition, une demande, pour laquelle on sollicite notre assentiment ? Un argument vise à nous dire simplement pourquoi une proposition est bonne. Soyez sans crainte, nous ne chercherons pas à nous convaincre dans ce blog qu'une proposition est bonne ou mauvaise. La liberté de jugement de tous est garantie ! Par contre, nous chasserons ensemble l'argument trompeur. Nous vous proposons, au lieu de porter un jugement sur la qualité des propositions que l'on soumet à votre assentiment, d'apprécier la qualité des arguments qui cherchent à nous convaincre qu'une proposition mérite notre accord. Dans ce projet, chacun pourra donc conserver naturellement ses convictions puisque la proposition ne sera pas l'objet direct de notre investigation et de notre appréciation. Par contre, nous serons en mesure -- c'est tout du moins l'espoir que nous caressons, d'apprécier la qualité de la forme des arguments que l'on nous administre à longueur de journée.

Apprécier la qualité d'un argument cela peut consister à l'ausculter pour savoir s'il souffre d'une quelconque pathologie trompeuse. Cela peut également consister à le déconstruire pour mieux en comprendre le mode opératoire. C'est autour de ces deux méthodes que notre projet s'articule.

Nous pensons que l'actualité nous pourvoira avec de nombreux cas sur lesquels nous pourrons exercer notre vigilance !